éducation, famille, temoignage

Témoignage 5 : Florence et Pierre, un couple au coeur de la famille.

Parce que chaque famille est différente, parce que chaque parent est particulier, parce que chaque enfant est exceptionnel. Parce que tous les choix et les modes de vie sont possibles, je vous partage ceux des autres à travers des témoignages.

En lien avec le premier épisode sur les alternatives à l’école (qui porte sur le réseau Diwan), Florence et Pierre font partie des rencontres de sortie de classe. On papote devant l’école tous les matins, comme un petit rituel que je regrette quand je ne peux pas m’y tenir. La socialisation à l’école, je dirais autant pour les parents que les enfants 😊! Je me fais donc un plaisir de vous laisser découvrir leur petite famille pleine de charme qui s’est livrée avec simplicité au jeu de l’interview.

Alors, qui êtes-vous et quelles activitées avez-vous ?

P : je suis Pierre, j’ai 40 ans et je suis marié avec Florence. Je suis nouvellement chaudronnier depuis 1 mois et demi, diplomé depuis juillet. Je travaille à temps plein mais j’ai négocié mes heures pour finir à 16h30. Du coup je commence à 7h45 mais le soir je suis là.

F : moi c’est Florence, j’ai 38 ans, on vit dans une petite maison avec un grand jardin en ville. Depuis la naissance de Valentine il y a 4 mois j’ai été en congé maternité, puis maintenant je suis en congé parental jusqu’en janvier, où je reprends mon travail d’infirmière psy à 70%. Nous avons 3 enfants : Sacha qui a 10 ans et qui est issu d’une précédente union. Il vit avec nous une semaine sur 2. Ensuite vient Marilou qui a 3 ans et demi et Valentine qui vient d’arriver.

P : Sacha fait aussi partie de mes enfants même si je ne suis pas son père : nous sommes mariés avec sa mère et j’ai des droits et des devoirs vis-à-vis de cet enfant aussi. On se connait depuis 2013 avec Florence, alors que Sacha avait 4 ans et demi, du coup je fais partie de son décor et il fait partie du mien.

Comment vous vous imaginiez en tant qu’adulte lorsque vous étiez plus jeune ? Vous aviez des rêves, des souhaits ?

P : je suis devenu adulte très tard donc à 20 ans je n’imaginais pas l’avenir. C’est vraiment quand Flo est rentrée dans ma vie que j’ai pris un peu de maturité, et de désir de paternité. J’ai pris beaucoup beaucoup de plaisir à jouer le rôle de beau-père, et de papa maintenant. J’ai toujours mon rêve de vivre dans une maison où j’entends les oiseaux chanter le matin. Moi j’ai grandi au bord de l’eau et je suis plus attiré par la campagne, l’espace.

F : quand j’ai connu Pierre il se levait encore à 15h, maintenant il se lève à 6h30 pour aller bosser, donc il a grandi ! Moi à 25 ans je sortais du diplôme sur Paris et je ne voulais pas entendre parler d’enfants. Je ne voulais vivre que pour moi à ce moment là. J’ai eu Sasha à 28 ans, quand j’ai vu que d’autres autour de moi avaient des enfants et où je me suis dit que c’était possible. Où je voulais vivre ? Surtout là où on se sent bien ensemble, mais c’est vrai que je suis plutôt citadine moi, j’ai eu mon permis tard et pris l’habitude de me déplacer à pieds, ce qui est plus facile en ville…

Quels parents imaginiez-vous être, avant de le devenir ?

P : moi je ne planifie rien à plus d’une semaine, je prend les choses comme elles viennent, donc je suis devenu père comme ça. Heureusement que Flo est là pour anticiper aussi, mais quand ce n’est plus possible je suis là et j’improvise. Ça marche plutôt bien comme ça. J’essaye de garder les bonnes valeurs que mes parents m’ont transmis : réfléchir, penser, regarder le monde, apprendre à se débrouiller avec son corps, avec ses mains. Avec Sacha, on est très différents : moi je suis artiste de formation et lui il n’a jamais aimé ne serait-ce que dessiner. Mais c’est sa vie, je n’ai pas à lui demander quoi que ce soit. Et tant mieux qu’ils me surprennent, qu’ils m’apprennent des trucs ! Je ne projette rien sur eux, je rentre et je prends le sourire qu’ils me donnent !

F : on est hyper complémentaires ! Lorsque je vois que je suis impuissante face à une situation, c’est lui qui gère et ça diminue mes couches d’angoisse. Du coup ça fonctionne. Dans mon désir d’enfant j’ai pris une sacré claque, parce que je voulais aussi devenir une mère idéale, formidable, avec des bonbons pleins les poches (rires). J’ai réalisé que pour que les enfants soient heureux, il fallait des rituels et des limites. Ne pas lui en mettre c’est le confronter à trop de choses et le mettre en danger quelque part. Dans l’idée je pensais laisser mon enfant tout faire, mais j’ai compris que si je le laissais tout faire il ne ferait rien.

Quels parents vous êtes aujourd’hui, ensemble ?

P : on est hyper raccords sur l’éducation, on n’a pas besoin de se concerter et on n’a jamais eu à le formuler. Le respect des autres est important pour nous, il faut dire qu’on vient tous les 2 d’une famille nombreuse, chez nous on était 5 et chez Flo ils étaient 4.

F : j’avais une jumelle, on devait apprendre à partager, notre chambre et nos jouets. Pour nous, vivre des temps de famille est essentiel. On encourage la solidarité entre les enfants et on ne supporte pas la délation. On favorise leur construction d’une bulle à eux.

On essaye de prendre des petits trucs de pédagogie et d’éducation, mais on n’est pas à fond dedans. J’avais entrepris la communication non violente avec Sacha, je trouve ça très chouette mais j’ai l’impression que c’est une nouvelle langue à apprendre. Même si j’arrive à le faire des fois avec Marilou, quand il est 20h et qu’on est tous épuisés, ce n’est pas évident de s’y tenir. L’idée c’est d’éviter de tous nous égratigner, parce que pour nous non plus ce n’est pas rigolo de se fâcher contre nos enfants. Ils nous apprennent aussi qui nous sommes, loin du petit parent idéal qu’on pensait être. On doit s’accepter comme on est, avec la violence que l’on a en nous, parce qu’on en a tous, et comment la canaliser pour apporter le mieux de nous-même aux enfants.

P : la violence qu’on a en nous, si on l’exprime ce n’est pas contre nos enfants mais plutôt contre nous-même, quand on est à bout dans une situation.

F : Et inventer des solutions ça peut être marrant quand on le peut : l’autre fois je disais à Marilou qui était énervée : « tu souffles et tu penses à ton périnée, pfffffffffffffff, pfffffffffffffffff »😂. Elle était à fond ! Ce qu’on a compris, c’est que quand il y a sanction, on essaye toujours que ce soit réalisable.

Et votre couple dans tout ça, il en est où ?

P : notre vie de couple évolue au rythme de notre famille. On a été jeunes amoureux, avec un enfant à mi-temps, puis pacsé, et maintenant mariés avec 3 enfants. Là on chasse le temps qu’on peut avoir entre nous, mais on arrive à se retrouver, même sur des tous petits moments. On essaye de dialoguer un max, c’est important.

F : on grandit ensemble, avec les enfants qui sont arrivés et les galères qu’on a croisés, et bien on n’a pas perdu de la fraicheur de notre amour et ça c’est chouette. Sachant que moi je n’ai pas vécu des relations amoureuse de cet ordre là avant, vivre ça je trouve ça super jolie.

P : en plus on se prend tous les ans des vacances quelques jours rien que tous les 2. Cette année c’est passé à la trappe entre ma formation et la naissance de Valentine, mais dès que ses grands-parents peuvent la prendre nous on s’en va. On s’adapte selon nos finances pour partir ne serait-ce qu’un long week-end, rien que pour se rappeler pourquoi on est amoureux.

Comment vous décririez les relations dans la fratrie ?

F : Les enfants, quand on les voit évoluer ensemble c’est génial. Marilou et Sacha ils s’adorent, lui il met sa cape de chevalier (au sens propre comme au figuré) et il la rejoint pour jouer à la dînette, alors que petit il n’était pas du tout poupée et dînette. Avec l’arrivée de Valentine ils sont encore plus complices et ils adorent leur petite sœur donc c’est chouette. C’est même des fois difficile d’arrêter leurs jeux quand il y a des devoirs à faire. On s’excuse presque de les obliger à sortir de leur bulle. Sacha est ettoné de voir les bêtises que Marilou fait, et il commence à se rendre compte qu’elle les a apprise avec lui.

P : moi j’adore les voir jouer ensemble. Mais c’est vrai que avant on avait parfois l’impression d’avoir 2 enfants uniques. L’arrivée de Valentine, avec son existence simple, a permis à chacun de retrouver une nouvelle place et on est vraiment une famille de 5 maintenant. C’est une belle évolution, qui me plait à moi en tout cas !

En matière d’accueil et de scolarité, quels ont été vos choix ?

F : Sacha est dans une école publique de la ville. C’est aussi un choix de son papa vu qu’il est en garde alterné. Ils sont 27 par classe en gros, mais ça se passe bien pour lui. Pour Marilou on était d’accord dès le début, elle est en Diwan. La scolariser en immersion est le meilleur moyen, pour nous en tout cas, de lui permettre d’être meilleure en langue. En plus on a eu des bonnes surprises parce que l’équipe pédagogique est chouette, et le nombre d’élève par classe favorise l’accueil individualisé. Du coup pour Valentine on croise les doigts pour avoir une place en crèche en breton. On a fait la demande mais on ne sait pas encore. On aimerait bien que Marilou et Valentine aient leur petit langage rien qu’à elles. Moi j’ai appris le russe et on le parlait avec ma sœur jumelle, et avoir un langage réservé rien qu’à nous c’était super chouette.

Qu’est-ce qui est pour vous le plus beau et le plus difficile dans votre parentalité ?

P : le plus beau c’est que j’avais raison depuis le début ! (rires) ça l’agace quand je dis ça, mais j’ai toujours dit que moi je mettrai Florence d’abord. Je m’occupe des enfants bien sûr, mais je prends soin d’elle pour qu’elle aille bien, et qu’elle puisse être plus disponible pour les autres aussi. Depuis la naissance de Valentine et les nuits blanches, j’ai un peu oublié de prendre soin d’elle et on a bien vu qu’on a plongé. Sur la longueur je suis assez fier de mon choix. Pour moi le plus dur en ce moment c’est les nuits blanches. Entre la formation et le boulot, depuis l’arrivée de Valentine ça commence à être dur, surtout le manque d’énergie pour faire autre chose. J’ai hâte que se termine cette période !

F : pour moi le plus beau c’est de me retourner. Parfois j’ai l’impression, après un week-end super chargé, de n’avoir rien fait. Mais quand je me retourne, quand je vois qu’on a fait des trucs ensemble je suis satisfaite. Le plus dur là-dedans, c’est que pour faire ça il faut tirer tout le monde, mais sans cela on ne pourrait pas. En fait si on ne s’essayait pas à la relation de famille, on ne serait jamais face à nos limites, leurs limites. C’est parce qu’on a décidé de vivre le beau qu’on se retrouve face à des difficultés, donc tout est en lien. Moi quand j’étais petite on nous disait quand on se disputait qu’il faisait qu’on fasse la paix, qu’on s’excuse. Moi mes enfants je leur demande simplement de se séparer et de ne pas se hurler dessus. Parce que c’est comme ça, dans les disputes aussi qu’on construit la relation, qu’on apprend comment on pardonne, comment on dépasse les choses, et comment on revient.

Vous voyez quelque chose à rajouter dont on n’a pas encore parlé ?

P : en ce moment on est un peu pris par le nécessaire, mais on a toujours l’envie d’aller voir ailleurs. On a en tête de pouvoir partir où on veut dans le monde quand les enfants seront un peu plus grands. On aime bien partir tous les ans depuis qu’on est ensemble : on a fait la Belgique, l’Espagne, l’Angleterre avec les enfants et Tahiti avec Sacha. Et ensemble avant on est allé à Cuba, en Republique Tchèque et en Italie.

F : on ne se ferme pas les portes, si on a envie de partir dans un endroit qui nous plait on le fera. Mais on s’est rendu compte cet été que avec les enfants on ne peut pas faire toutes les mêmes choses, comme les musées que nous on adore, mais pour eux c’est trop. En plus cet été avec Valentine à 2 mois c’était peut-être un peu trop tôt. Il faudra qu’on trouve des formules pour que tout le monde y trouve son compte, mieux s’organiser pour les prochaines fois.

Un grand merci à Florence et Pierre pour leur sincérité et leur fraicheur ! Florence m’a dit après que ça faisait du bien aussi de se poser pour faire un arrêt sur image, de prendre le temps de parler de ce qui ne se dit plus car cela fait partie du quotidien. Un moment bilan dans la bonne humeur 😄!

Pour retrouver les autres témoignages, c’est ICI. Et à bientôt pour le prochain 😉 !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.