éducation, famille, temoignage

Témoignage 6 : Hélène et Jérémie, artistes du quotidien

Parce que chaque famille est différente, parce que chaque parent est particulier, parce que chaque enfant est exceptionnel. Parce que tous les choix et les modes de vie sont possibles, je vous partage ceux des autres à travers des témoignages.

Après cette période de fêtes familiales, je vais vous partager le témoignage de mon « petit » cousin et de sa femme. Après 6 ans sans nous voir, emportés par nos vies respectives, nous nous sommes retrouvés autour de nos passions communes pour l’éducation et la parentalité. Merci à nos enfants d’avoir fait naitre en nous cet intérêt et cette occasion de partage.

Vous pouvez commencer par vous présenter ?

H : je m’appelle Hélène, j’habite dans une maison à la campagne, dans un hameau qui fait partie d’un petit village de 900 habitants. J’ai 35 ans depuis peu. J’ai plusieurs activités : je fais partie d’une coopérative d’activité et d’emploi où je suis entrepreneur salarié avec la compagnie Balançoire. Il y un pôle artistique avec lequel on développe des spectacles. Actuellement on travaille sur un projet qu’on a appelé Circ’conférence, où on traîte des sujets de parentalité et d’éducation. Il y a le pôle formation, qui me permet d’intervenir auprès des professionnels de l’enfance et des porteurs de projets en utilisant les arts du cirque. Et le pôle activités grâce auquel je participe à des temps d’animation ponctuel auprès des centres de loisirs, crèches, etc. Sur la semaine, je travaille essentiellement en journée, du lundi au vendredi avec repos le mercredi. Sauf bien sûr lorsqu’il y a des journées de formation complète ou des soirées d’intervention auprès des professionnels.

Je fais également du bénévolat dans une association qu’on a créé ensemble et appelé Corps de sensibles. L’idée c’est de proposer des activités autour de l’éducation, la pédagogie et la parentalité. Nous avons organisé pour l’instant deux projections de films : « Même qu’on nait imbattable » et « Le miroir des émotions » des productions Préparons Demain qui sont basées à Carhaix. C’est en cours de développement mais à terme on aimerait bien organiser ce type d’évènement tous les 3 à 4 mois, surtout qu’on a obtenu une subvention du REAAP pour développer ce projet, ce qui nous encourage à poursuivre !

J : moi c’est Jérémie, j’ai également 35 ans et je vis avec au même endroit 😉. Je fais partie de la même coopérative qu’Hélène depuis octobre de cette année, suite à une formation que j’ai réalisé en début d’année sur l’entreprenariat en économie sociale et solidaire. J’ai développé mon activité « L’Heureux Père » autour de 3 branches :

  1. Des ateliers autour de la parentalité pour les papas, type atelier père-enfant, pour prendre en compte et reconsidérer la place des pères dans la famille et la société. En lien avec mes anciennes activités, je propose ces ateliers autour du cirque.
  2. Une branche illustrations autour des émotions, avec un petit personnage qui s’appelle Kidikoi que je mets en scène, sous forme de cahier de coloriage ou de fresque murale que j’ai commencé à vendre avant Noël. Je fais aussi des illustrations diverses en noir et blanc, dans un style plus botanique, sur commande.
  3. Et le travail conjoint de spectacle avec Hélène sur la Circ’conférence, autour de l’enfance, la parentalité et l’éducation.

Plus exceptionnellement, j’ai pris un remplacement pour les 6 prochains mois en animation cirque à la maison du Cirque, à 80%. Avant ce remplacement, ma semaine ressemblait à celle d’Hélène, où on essayait de s’alterner sur le mercredi pour que l’un des deux ait un temps de travail personnel. Maintenant je vais travailler tous les mercredis, j’ai gardé mon lundi pour m’occuper de Yowen et le mardi un temps pour m’occuper de mon activité dans la coopérative. Nos rythmes changent assez régulièrement, selon les demandes, les besoins, les festivals où on va se produire, etc.

On a 3 enfants ensemble : Maïa qui va avoir 9 ans en février, Anouchka qui aura 4 ans en février également, et Yowen qui vient d’avoir 2 ans.

Moment introspection : dans quelle vie d’adulte vous vous imaginiez ?

J : moi enfant et ado j’étais à fond dans le cirque. Ce que je voulais c’était devenir artiste de cirque, ce que j’ai réussi à faire avant de me dire que ce n’était pas ce qu’il me fallait… Coté schéma familial, depuis tout petit je savais que je voulais des enfants et que j’en voulais trois, c’était assez clair dans ma tête. Je viens d’une famille décomposée, recomposée, redécomposée, etc, mais le trio des enfants ma paraissait bien. Par contre c’est allé beaucoup plus vite que ce que j’imaginais. Je pensais faire des tournées et ensuite des enfants, mais j’ai rencontré Hélène et tout est allé plus vite que prévu, en tout cas pour moi…

H : je crois que plus jeune j’avais en tête que j’allais fonder une famille, de manière assez évidente mais pas très précise. Je me rappelle d’une conversation que j’avais eu avec une amie, genre au collège, où on se demandait quel était le meilleur moment pour avoir des enfants. On était tombées d’accord sur le fait que c’était le mieux en transition juste après le bac et avant de faire d’autres études, pour être ni trop jeunes ni trop vieilles. Je crois qu’on ne se rendait pas compte du tout de ce qu’était la réalité d’avoir des enfants… Et d’autant plus en choisissant la carrière d’artiste de cirque, ça change ton organisation mais ça change ton corps aussi, ce n’est pas si simple ! Je les imaginais aussi un peu plus tard, avec une carrière d’abord, mon rêve étant d’être trapéziste.

Plus jeune j’avais une copine qui avait 5 frères et sœurs et pour moi c’était un peu l’idéal familial, la famille super cool et je m’imaginais avoir pleins d’enfants comme ça. C’était un peu un modèle, avant que je découvre comment ça se passait réellement, avec un cadre hyper stricte et peut-être pas très bienveillant finalement. Et le fait d’en avoir réellement, ça fait évoluer aussi le rapport au nombre.

Et comment vous vous imaginiez en tant que parent ?

H : étant animatrice, j’avais l’habitude de côtoyer les enfants et je m’en sortais bien, pour moi c’était évident à 17 ans que ça serait pareil avec mes propres enfants. Ce n’était pas trop un questionnement, c’était tout à fait possible et facile dans ma tête de conjuguer cela avec une carrière professionnelle, c’était juste plus vivant. J’étais face à une certaine réalité de ce qu’était un enfant, très différente de ce que c’est réellement.

J : moi j’ai commencé à m’imaginer père à partir du moment où Hélène était enceinte, à 25 ans à peu près. Je m’imaginais père comme j’étais dans ma vie de couple : calme, serein, un peu bisounours quoi ! Mais on a eu Maïa…

Donc aujourd’hui, quels parents êtes vous devenu?

H : avec l’arrivée de Maïa, j’ai découvert le rapport à la fatigue physique : j’ai mis 3 à 4 semaines avant de pouvoir me lever pour autre chose que d’aller aux toilettes ou allaiter. C’était un bouleversement, même si je savais qu’un bébé ne dormait pas beaucoup au début, j’ai subi une sorte de violence physique, c’était intenable pour moi. Il nous a fallut beaucoup de temps pour comprendre face à quoi on était, qu’est-ce qui nous arrivait. Et quand on disait autour de nous « elle pleure beaucoup quand même », la réponse était toujours « c’est normal, les bébés pleurent », mais à ce point là ! Je crois que si j’avais eu conscience que c’était ça un bébé, j’aurais réfléchi plus longtemps au fait d’en avoir !

J : la grosse différence pour moi c’est le rapport au calme et à la sérénité. Maïa m’a fait découvrir, et je la remercie maintenant, ce que c’était que la colère et ce que c’était que d’assumer et d’exprimer sa colère. J’ai découvert ma propre colère à partir de sa naissance, avant ça je la réprimais complètement et elle a appuyé sur le bouton rouge. Ça a été très dur à gérer, et même encore aujourd’hui je me rends compte que je suis capable d’être colèrique, même si j’ai l’air calme et retenu en apparence. Mais en même temps j’ai appris à l’utiliser, notamment en animation où je sais maintenant élever la voix sans m’énerver, et juste savoir faire preuve d’autorité. Tout cela je l’ai découvert avec ma colère dans sa version positive : l’affirmation de soi, la pose du cadre, tout cela fait partie de la même énergie. Mais se retrouver face à un tout petit bébé capable de provoquer en nous des états aussi forts, c’est déstabilisant. Je me souviens d’une de ses crises, elle avait à peine 3 ans, où elle m’a hurlé dessus du haut de ses 3 pommes, c’était David contre Goliath mais elle ne se démontait pas, elle était tellement en colère qu’elle était capable de me faire peur ! Ce moment m’a marqué, l’énergie qu’un petit être comme ça pouvait déployer, c’était impressionnant !

On s’est posé la question, quand Maïa était petite, est ce que c’est nous qui ne nous attendions pas à ce qu’un bébé demande autant ? Où est-ce qu’elle est particulièrement prenante ? Parce que les réponses étaient toujours « mais c’est normal » et on a mis du temps à comprendre et assumer le fait de dire que non, notre fille n’était vraiment pas facile au début ! Il y a quelque chose de particulier dans sa manière d’être, maintenant on le sait.

H : il n’y a que très peu de personnes qui ont appuyé notre sentiment. Sa première nounou qui était auxiliaire puericultrice de profession, quand on lui donnait le premier jour tous les petits trucs pour réussir à la coucher, à la calmer, elle nous disait « c’est bon, ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude », en nous prenant un peu pour des jeunes parents qui n’y connaissaient. Finalement le soir elle nous a dit qu’elle n’avait pas réussi à la cerner, que ça avait été compliqué. On a compris avec ce genre de réaction que ce qu’on vivait n’était pas complètement normal. On se disait que si faire des enfants c’était toujours comme ça, les gens arrêteraient d’en faire parce que c’était juste insupportable !

J : on en a fait 3 quand même !

H : mais peut-être parce qu’on a compris aussi que ce n’était pas tout le temps comme ça, et que ce ne serait pas forcément pareil. Et puis on était mieux armés aussi pour le 2ème !

J : Anouchka a un tempérament très différent, beaucoup plus conciliante dès toute petite. Mais moi j’ai découvert avec elle ma propre pathologie de parent : j’ai un problème avec mes enfants entre 2 et 5 ans. Au début je croyais que c’était avec Maïa, mais j’ai les mêmes problèmes avec Anouchka. Le côté je fais semblant de t’écouter, je te réponds oui pour te faire plaisir sans vraiment avoir entendu, moi ça me met en rogne et c’est une question d’âge, pas seulement de caractère. Mais c’est intéressant, ça veut dire que moi j’ai pas réglé des trucs par rapport à cet âge là, ça tombe pile poil à l’âge que j’avais quand mes parents ont divorcé par exemple. Il y a des choses différentes selon les enfants mais des choses qui se retrouvent aussi.

H : c’était plus facile avec Anouchka aussi pour moi. Une des choses qui était difficile à vivre avec Maïa petite, c’est qu’il y avait très peu de tendresse rendue. Ça a changé, mais elle a mis énormément de temps à faire des câlins ou des bisous. Elle n’était pas capable de rester 2mn sur les genoux pour faire un câlin, sauf quand elle était malade. Ce côté tendre et câlin moi c’est ce que j’appréciais dans l’animation, cette facilité de relation par le contact. C’était inexistant chez Maïa jusqu’à ses 5 ans à peu près. Du coup ça a été hyper frustrant pour moi de tenir en vivant cette relation avec ma première fille, indépendamment de l’amour, parce qu’il fallait que je me dise que ce n’était pas sa manière à elle d’exprimer son affection, elle avait d’autres façons de le faire. Anouchka était très caline tout de suite. C’était différent dès l’accouchement, je n’ai pas eu de péridurale avec elle donc j’ai pu la porter tout de suite pendant des heures. Yowen c’est un peu entre les 2, il a un côté très serein, et en même temps une énergie et une hypersensibilité très marqué. Et en même temps on avait aussi l’expérience qu’on n’avait pas au début, et pleins d’outils qu’on a développé pour gérer l’endormissement ou les pleurs du soir par exemple.

J : au niveau de la conception, l’intention n’a pas du tout été la même non plus. Maïa c’est un peu le mythe de l’enfant de la nuit de noce, alors qu’Anouchka est arrivée dans un moment où je commençais à me remettre du chamboulement causé par l’arrivée de Maïa. J’étais revenu complètement sur ma conception de la famille, j’étais tellement en conflit avec elle que je me disais que si c’était ça avoir des enfants je n’avais plus envie d’en avoir. Quand je me suis dit peut-être, lors de nos mois de voyage à vélo, ça a marché tout de suite. Yowen il n’a même pas attendu qu’on soit prêt, on commençait à peine à se questionner sur le troisième qu’il s’est annoncé. On imaginait 5 ans entre chaque enfant, c’est ce qui s’est fait entre les 2 premières, mais Yowen n’a pas attendu autant. Donc l’intention n’était vraiment pas la même. Une fois que Hélène était enceinte d’Anouchka j’étais super content et on partait sur un super projet. Yowen nous a mis à l’épreuve quand même, pour voir si on était sûr, parce qu’il est né avec un kyste à la gorge qui a nécessité une opération sous anesthésie générale dès sa naissance. Moi je l’ai pris comme un test pour voir si on le voulait vraiment. C’est intéressant après de voir les liens énergétiques, par exemple le chakra de la gorge est lié à l’affirmation de soi, le fait de poser et clarifier les choses. Et effectivement il est hyper médiateur, affirmé par rapport à nous tous, indépendant et en même temps hyper conciliant. C’est assez marrant de voir ces liens énergétiques et symboliques.

Et votre couple dans tout ça ?

H : on est un peu partagé entre l’envie, le besoin de se retrouver en tant que couple, et la difficulté à confier nos enfants entre une ½ journée à 15 jours dont on aurait vraiment besoin. Pour l’instant, on a envoyé 1 seule fois les 2 grandes chez mes parents et ils nous ont dit plus jamais ça parce qu’elles se disputaient trop. Yowen je le trouvais trop petit encore pour le laisser partir 2 ou  3 jours, et parce que je l’allaite encore un peu. Et puis peut-être aussi qu’on a une trop grande exigence pour trouver des personnes qui s’en occupent en respectant un certains nombre de choses qui nous paraissent essentielles. Les filles le savent et le font savoir. Maïa hésite parfois à aller chez ses grand-parents parce que ça a pu être conflictuel parfois.

J : pour Maïa, la bienveillance émotionnelle est très importante, elle doit être sûre que l’adulte est prêt à l’accompagner lorsqu’elle est prise dans une émotion, et ce n’est pas toujours évident avec et pour les autres.

C’est à la fois aidant et perturbant d’être tous les 2 passionnés d’éducation, avec des boulots qui tournent autour de ça, donc finalement on mélange tout : notre vie de couple, de parent, de pro. Ça a un côté avantageux parce qu’on se retrouve sur beaucoup de choses, mais ça a un coté néfaste parce que finalement on ne se retrouve pas bien nous-même, dans notre propre place chacun. C’est comme notre voyage à vélo avec Maïa, on vivait notre projet professionnel et familial en même temps et ensemble. Ce qu’on aimerait bien refaire en même temps !

H : pour certaines choses oui, mais j’en changerais d’autres. Parce que finalement je me rends compte que je n’ai pas réussi à en profiter à sa juste valeur, typiquement parce que c’était tout mélangé, ça devait être aussi pour moi une réussite sur le plan professionnel et ça ne l’a pas été. C’était une super expérience de vie, mais je l’aurais mieux vécu si on s’était dit qu’on prenait 3 mois de vacances.

J : en tout on est parti 5 mois de la maison parce qu’on a enchaîné ensuite avec 2 mois d’animation. Maïa allait dans le club enfant, avec l’accord de l’employeur, ce qu’on ne peut plus faire aujourd’hui pour des raisons de logement et d’enfants.

H : c’est une grosse frustration pour moi parce que j’adorais ça, mais en tant qu’animateur on ne peut pas avoir de vie de famille. Venir avec 1 enfant ça passait encore, mais aujourd’hui ce n’est plus possible, même s’ils aimeraient avoir quelqu’un de plus professionnel qu’un étudiant, ils ne mettent rien en place pour nous permettre de travailler avec eux.

Comment voyez-vous les relations dans la fratrie ?

J : Maïa n’aime pas être seule, elle rêvait d’avoir une grande sœur pour jouer. Donc avoir une petite sœur c’est bien, mais des fois elle regrette vraiment parce que c’est difficile de supporter cette sœur qui prend beaucoup de place. Et avec Yowen qui est arrivé par là-dessus peu après… En tant qu’animateur, j’ai pu observer que les enfants uniques n’ont pas le même rapport au social que les autres. Avec des frères et sœurs on sait faire des concessions, faire selon les autres, devoir gérer par rapport à l’envie de l’autre. Et ça se voit en collectivité.

H : je crois que pour Maïa c’était dur aussi d’avoir des petits frères et sœurs qui pleurent et elle en a souffert. Elle avait très peur avant l’arrivée de Yowen de ne plus pouvoir dormir. Il a fallut travailler là-dessus avec elle pour qu’elle comprenne déjà que ce n’était pas de sa faute, et puis pour trouver des solutions qui lui permettent de ne pas subir les pleurs la nuit. Pour moi c’était clair que je ne voulais pas 1 seul enfant, pour ce rapport au social et ce lien entre eux. Je me rappelle m’être énormément disputé avec ma grande sœur quand j’étais petite, mais je n’avais pas assimilé que mes enfants se disputeraient aussi, je me disais que peut-être eux s’entendraient mieux… C’est vrai qu’ils se disputent souvent, mais quand ils se câlinent, qu’ils sont attentifs aux autres et qu’ils expriment leur amour les uns pour les autres, c’est super chouette.

Ce que vous trouvez de plus beau et de plus difficile dans votre parentalité ?

H : le plus difficile pour moi c’est la fatigue physique et psychologique. L’épuisement au tout début, de ne pas me sentir capable de faire quoi que ce soit par manque de sommeil. Moi qui suis une grosse dormeuse ça a été très violent à vivre. Et puis dans certaines confrontations, être face à une limite sans savoir quoi faire, sans savoir si on trouvera la réponse un jour ou pas, même si on essaye de faire du mieux qu’on peut on n’a parfois aucune prise et il n’y a pas forcément d’issue. Et le plus beau, c’est pour moi une sorte de transmission, des choses que j’ai envie de partager, de montrer, et quand ça arrive c’est magique. Quand je les vois aussi avec regard extérieur, un retour d’une personne autre, comme la maitresse qui nous dit que Maïa est très posée en classe, ça fait plaisir à entendre.

J : j’ai du mal à me décider, pour moi c’est vraiment lié. Le plus dur et le plus génial, c’est le rapport de miroir que j’ai avec mes enfants. Moi j’adore tout ce qui est introspection, le fait de travailler sur moi, et les enfants sont des sources de remise en question géniales mais épuisantes. Quand tu fais ce type de travail sur toi-même tu peux t’arranger pour faire des pauses, mais eux ils ne te laissent pas tranquille, ils vont appuyer aux bons endroits pour te faire bouger. Ce qui est dur aussi pour moi c’est de ne plus avoir du tout de moment de solitude, sans culpabiliser sur le fait de laisser Hélène avec tous les enfants. C’est le rapport qui change entre 2 et 3 enfants : maintenant quand on n’en peut plus, on s’en va avec l’un des enfants pour ne pas trop demander à l’autre non plus…

Et voir la magie de l’évolution, les voir grandir indépendamment de tout ce qu’on met en place, qu’ils se construisent sur des bases qui leurs sont propres et d’accompagner ça, c’est super beau. Quelqu’un nous a dit un jour « les enfants, c’est le pire et le meilleur », je trouve ça mais tellement vrai ! C’est vraiment ça, faire des enfants c’est augmenter le level, la puissance de ta vie !

Quelques mots sur vos choix en matière d’instruction ?

J : on aurait aimé mettre nos enfants en école alternative mais on n’a pas vraiment eu le choix ici. Maïa a été en école Diwan en début de maternelle, mais en arrivant ici on a fait le choix de la mettre dans l’école du village pour le lien social, et on sait aujourd’hui qu’on a eu raison. On a hésité à se mettre en IEF (instruction en famille) mais on n’a pas trouvé encore les solutions matérielles pour le faire.

H : ici ce sont des petites classes de plusieurs niveaux, avec une institutrice de maternelle qui s’inspire des principes de la pédagogie Montessori, avec les instits suivantes qui essayent de mettre en œuvre un certains nombre de choses qu’on apprécie. Après il y a des choses qu’on apprécie moins, parce que ça reste une école publique qui suit les règles de l’éducation nationale, donc les ATSEM sont moins bien formées que les instits, et il y a des abbérations.

Et Maïa a besoin d’être en collectivité et d’être entourée de ses copains. L’idéal serait une école alternative mais il n’y en a pas à moins de 35mn de route (La clé des champs) et ce n’est pas possible pour nous aujourd’hui. Ou alors on déménage là-bas pour l’école et on n’est pas encore prêts à ça.

J : on a pensé aussi créer ce type d’école par ici, mais on a déjà pleins de projets en même temps et c’est tellement d’investissement. Finalement, là où on le prend avec philosophie, c’est qu’on se dit que c’est bien de donner le mieux à nos enfants, mais la vie ne nous donne pas le mieux tout le temps. On se construit aussi en prenant le positif des situations plus difficiles. C’est important de se dire aussi qu’on peut ne pas être toujours dans l’idéal mais ça reste qu’on fait de notre mieux et qu’on leur offre quelque chose qui peut être intéressant pour eux.

Merci encore pour ce partage d’expérience et ce témoignage plein de sincérité !

Pour retrouver les autres témoignages, vous pouvez aller directement ICI.

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