alternatives, éducation, famille, pédagogie

Non, nous ne ferons pas « l’école à la maison » (ni même en camping-car)

Libérez le potentiel de l’enfant et vous transformerez le monde avec lui.

Maria MONTESSORI

Cette question nous est très souvent posée : « Vous allez leur faire l’école dans le camping-car ? », ce à quoi je répond (quand je n’ai pas le temps de m’étaler), que nous ferons effectivement l’instruction en famille (IEF). Mais puisque la déclaration d’IEF se rapproche de plus en plus, j’ai envie de partager un peu plus nos choix d’instruction.

1 – Éduquer ou instruire, faut-il choisir ?

L’une des choses qui est très ancrée dans notre tête de français, c’est l’idée que l’école est obligatoire de 3 à 16 ans. Il est donc important de rappeler, au sens stricte de la loi, que c’est l’instruction qui est obligatoire, et non l’école. Tous les enfants de France doivent avoir accès à une instruction. La loi dit également que tous les parents doivent éduquer, nourrir, soigner et veiller à la protection de leur enfant. Est-ce incompatible ? Les parents sont-ils en mesure d’apporter l’instruction nécessaire à leurs enfants tout en veillant à leur bien-être, leur sécurité et leur éducation ?

D’après les définitions du petit Larousse :

  • Instruire c’est « donner des connaissances, des renseignements, augmenter le savoir et l’expérience de quelqu’un« .
  • Éduquer c’est « former quelqu’un en développant et en épanouissant sa personnalité« .

Les deux termes ne sont donc pas si éloignés et encore moins opposés : il est tout à fait possible de développer sa personnalité grâce au savoir et à l’expérience, ou encore de s’épanouir en ayant accès à des connaissances et des renseignements. Objectivement, ces termes vont même plutôt bien ensemble, non ? L’IEF est donc une possibilité, un choix légal de certains parents pour apporter les connaissances nécessaires à l’épanouissement de leur enfant.

2 – Les normes de l’école

En France

En France, l’organisation, l’élaboration des contenus, leur mise en oeuvre, les méthodes d’enseignements et le contrôle de leur application dépend du ministère de l’Education Nationale. Le système scolaire se découpe en 4 parties : l’école maternelle, élémentaire, le collège et le lycée. C’est l’année de naissance qui détermine dans quelle classe l’enfant va rentrer, et le lieu d’habitation qui sectorise l’école dont il dépend. Les apprentissages sont découpés selon des cycles, dont toutes les connaissances sont regroupées dans un socle commun que l’élève doit avoir atteint à la fin de la scolarité obligatoire à 16 ans. Les matières enseignées à l’école sont poursuivies à la maison à travers des devoirs. Les acquis sont évalués sur la base de bilans, de tests, d’examens, pour certains récompensés par des diplômes. Au quotidien, c’est la note au contrôle ou devoir sur table qui permet de définir le niveau de connaissance de l’enfant, dès l’école élémentaire.

C’est comme cela depuis… très longtemps. Même si de petites choses ont évoluées (comme les punitions corporelles, les classements, l’allègement des devoirs…), le fonctionnement est resté globalement le même : basé sur la performance, la réussite et l’échec, les classes selon l’année de naissance, etc.

Ailleurs dans le monde

Aux états-unis par exemple, le système est décentralisé, les programmes, méthodes et fonctionnements dépendent d’un état à l’autre. La pédagogie américaine est réputée pour être « positive », c’est-à-dire qu’elle valorise chaque évolution, encourage et complimente chaque élève individuellement, car elle vise l’épanouissement autant que la transmission des savoirs. Le système de tests et de notation est différent du notre : jusqu’à la fin de l’école élémentaire (équivalent de notre CM2) les notes vont de 1 à 4 et sont toujours associées à un commentaire du professeur.

En Finlande, l’école ne commence qu’à partir de 7 ans et aucune évaluation n’apparaît les 6 premières années. Les enseignants, écoles et municipalités ont une grande autonomie dans leurs pédagogies et fonctionnements. Les pédagogies utilisées sont diverses : ils faut dire qu’ils bénéficient d’une formation de base solide et de formations continues toutes les semaines ! L’accent est mis sur l’autonomie et les compétences pour l’avenir, en prenant en compte les fonctionnements différents des enfants : ceux qui ont besoin de potasser, ceux qui ont besoin de tester, d’expérimenter, d’échanger, etc.

Bref, ces exemples me permettent juste de dire que chaque pays à ses normes d’apprentissages, ses fonctionnements, ses objectifs, ses méthodes. Celui de la France en est un, mais il y en a d’autres, alors pourquoi se contraindre à CES normes ? Sont-elles plus efficaces que les autres ? L’école française est-elle meilleures ? Les enfants et les enseignants y sont-ils plus heureux ? Je vous laisse répondre à ces questions pour vous même…

3 – Les apprentissages libres

L’enfant n’est pas un vase qu’on remplit mais une source que l’on laisse jaillir.

Maria MONTESSORI

Beaucoup de grands pédagogues l’ont dit : l’enfant apprend par le jeu. En jouant ils utilisent leur esprit, leur imagination, leur créativité. Ils découvrent leur environnement, leurs intérêts, leur curiosité et leur motricité. En partageant un jeu, ils développent leur communication, leur vocabulaire, leur empathie, leur prise de conscience des autres et des différences. On découvre en les observant qu’ils sont capables de rester concentré, d’avoir une activité constante pendant parfois plusieurs heures (alors que nous n’arrivons pas à les faire tenir assis plus de 5 minutes), d’inventer des mondes dont nous n’avions jamais entendu parlé. L’enfant est un « apprenant-né », il n’a pas eu besoin que nous lui apprenions comment marcher, manger ou parler : l’enfant observe, imite, expérimente. Si certains parlent ou marchent plus tard que d’autres, c’est qu’ils sont en train de développer autre chose : un marcheur précoce se concentrera d’abord sur sa motricité parce que c’est ce qui lui plait. Parler viendra après, quand il en ressentira le besoin il s’y intéressera naturellement, et à cet age là personne ne s’en inquiète.

Alors pourquoi lorsque l’enfant atteint 6 ans, il devrait commencer à apprendre ce que l’adulte lui demande d’apprendre ? A la manière dont l’adulte lui enseigne ? En changeant de sujet selon les heures ou les jours ? Pourquoi l’enfant perdrait-il cette faculté d’apprendre par intérêt et curiosité ?

J’ai donc cherché et découvert des méthodes pour accompagner les enfants dans les apprentissages, sans leur imposer la vision et les normes fixées par d’autres (même par nous en tant que parents). J’ai découvert le Unschooling qui place l’enfant au centre des apprentissages, qui part de ses intérêts, ses envies, ses projets, pour lui proposer (ou pas) des outils et des activités selon ce qu’il cherche à apprendre. Il y a aussi le Worldschooling qui nous parle beaucoup et qui base les apprentissages sur l’expérience et les échanges culturels. C’est une manière de vivre et de penser sa vie avec une ouverture vers le monde extérieur qui nous plait beaucoup. Celui qui parle avec passion de ces modes d’instructions « alternatifs », c’est Thierry Pardo. Il utilise le terme de « pirates de l’éducation » pour tous ceux qui sortent des sentiers battus pour élever leurs enfants dans le respect de leur liberté naturelle. Nous nous sentons devenir pirates, sans peurs pour l’avenir de nos enfants en qui nous avons désormais confiance. Et ça fait du bien…

Le petit pirate !

Bref, si l’objectif est de cultiver l’envie d’apprendre et le développement de la curiosité, tout en nourrissant le désir d’autonomie de l’enfant, il est possible de s’inspirer de tout un tas de pédagogies (Freinet, Montessori, Decroly, Steiner, etc.) pour se rassurer et adapter notre présence à leurs côtés.

Le plus important sera toujours d’observer et d’apprendre à connaître nos enfants, pour leur apporter notre soutien, nos connaissances si nécessaire, et les guider quand et où ils en auront besoin.

Ni plus, ni moins.

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