alternatives, éducation, pédagogie, projet

Pourquoi on a arrêté l’IEF ?

L’instruction en famille (IEF), appelé plus souvent « école à la maison », était l’un de nos plus grand défi à surmonter lorsque nous avons réfléchi à notre projet. L’IEF était inévitable pour voyager à temps plein, alors même que nous ne connaissions pas cette possibilité quelques mois auparavant. Cette idée nous faisait un peu peur : comment les enfants vont-ils apprendre ? Vont-ils prendre du retard par rapport aux autres ? Vont-ils avoir envie d’apprendre ? La question de la socialisation n’était cependant pas inquiétante à nos yeux, le voyage et les rencontres avec les autres familles nous semblant bien suffisants. Mais quelques mois plus tard, alors même que nous démarrons tout juste l’IEF, les enfants retournent à l’école. Pourquoi me direz-vous ? Petit retour en arrière et explications :

1 – Ce qui était prévu

Après plusieurs mois à travailler sur nous-même pour nous libérer des injonctions sociales et scolaires, plusieurs mois à creuser sur le développement et les besoins de l’enfant, potasser sur les pédagogies, et rencontrer des familles pratiquant l’IEF, nous nous sentions prêts ! Nous savions que l’école n’était pas indispensable à un enfant bien entouré pour apprendre, que le désir d’apprendre vient avec le plaisir de vivre, que la curiosité se développe avec les expériences. Nous savions qu’ils rencontreraient des gens différents, des adultes, des enfants allant à l’école ou pas mais ayant d’autres connaissances, et avec qui ils pourraient partager. Nous savions désormais qu’ils n’avaient pas besoin qu’un adulte leur disent quoi apprendre, quand et comment l’apprendre. Et même s’ils ne savaient pas lire, écrire ou compte à l’âge « scolaire », ils le sauraient un jour car nous avions une totale confiance en leurs compétences et leur curiosité naturelle.

Et puis le voyage, les rencontres, les cultures et les gastronomies, les animaux aperçus au fond d’un champ ou entendus lors d’une ballade, tout cela participerait à leur éveil et leur désir de comprendre, de découvrir et d’apprendre. La peur nous avait quitté, même si elle envahissait certains de nos proches n’ayant pas fait le même chemin que nous, nous nous sentions prêts pour la non-rentrée 2020. Confiants en nous, mais surtout en eux.

2 – Ce qui s’est passé

L’annonce du premier confinement en mars 2020 nous a fait presque plaisir : nous pourrions nous tester sur l’IEF, même si l’environnement ne serait pas le même. Nous avons donc essayé de poursuivre les apprentissages de CP avec les fiches de l’institutrice, mais en breton ce n’était pas simple pour nous… En plus, comme nous l’avions déjà constaté pour Naël, travailler avec nous était compliqué. Nous avons donc logiquement laissé tomber assez rapidement le formel, sachant que nous nous dirigions vers le Unschooling et le Worldschooling, nous n’avions pas à maintenir à tout prix un niveau « scolaire ». Nous étions tous libérés d’un poids. Les enfants pouvaient jouer à n’en plus finir, « travailler » lorsqu’ils le souhaitaient et sur les sujets qu’ils choisissaient, se lever lorsqu’ils étaient prêts, et surtout prendre leur temps. Avoir le temps de vivre, ce fut un réel plaisir.

A la rentrée 2020, la déclaration IEF est envoyée, la rencontre des familles IEF du département fut une journée magnifique et riche, tout s’annonçait merveilleusement. Nos premiers wwoofing en famille furent denses en apprentissages, en jeux, en rencontres, en découvertes. Les enfants s’adaptaient à de nouveaux lieux, de nouvelles personnes et de nouveaux fonctionnement sans difficulté, mais non sans fatigue. Puis le 2ème confinement est arrivé… Fauchés en plein élan, se sentant obligés de rester sur place, privés des rencontres et des jardins différents chaque jour, nous commencions à sentir l’épuisement de ces retours forcés. Les enfants ont appris à jouer ensemble, certes, mais nous avons commencé à sentir une lassitude de leur côté aussi, des colères plus fréquentes et plus fortes, des sollicitations plus régulières pour les occuper. Et un besoin grandissant de côtoyer d’autres enfants de leur âge.

Dans notre révision de projet de voyage, la question de l’école leur a été posée. Si Naël avait très peur de « travailler » et d’être la nouvelle, Léon sautait de joie. Nous croyons toujours profondément aux valeurs de l’IEF et à la liberté d’instruction, et justement dans ce choix les enfants ont leur mot à dire. Et honnêtement, notre disponibilité comme notre enthousiasme dans ce nouveau confinement était considérablement réduits. Nous avons donc logiquement revu notre copie…

3 – Aujourd’hui

Après avoir fait une demande de dérogation auprès de la Ville de Rennes pour qu’ils soient accueillis en école publique à pédagogie Freinet (qui a été refusée car en cours d’année), puis un premier contact avec leur ancienne école Diwan (sans conviction vu l’absence de pratique du breton depuis plusieurs mois), nous nous sommes tournés, un peu par dépit je l’avoue, vers l’école publique de notre commune. Notre expérience de la petite section de Naël dans cette école n’est pas vraiment un bon souvenir, ni pour elle, ni pour nous. Mais la réponse de la nouvelle directrice a été rassurante, l’accueil a été chaleureux et bienveillant. Nos enfants pouvaient être accueillis dans cette école rapidement, avec une réelle volonté du corps enseignant pour les accompagner dans leur intégration en classe, au milieu du mois de janvier. Ils ont donc fait leur rentrée le 18 janvier, plein d’entrain et confiants.

Cela ne fait que deux jours qu’ils sont à l’école, mais clairement ça leur plait. Léon est comme un coq en pâte, toujours aussi boute-en-train et globalement content de ce qui lui arrive. Naël a été accueillie par ses camarades avec des dessins, s’est rapidement fait des copines, et a droit à un programme de travail spécial pour qu’elle puisse avancer sans être larguée par rapport aux autres. On sent un réel investissement de la part des professionnels, une envie sincère de les mettre à l’aise et les encourager dans leurs avancées. Le réveil du matin, qu’on redoutait un peu, se fait dans l’enthousiasme et la bonne humeur (au moins pour les enfants). Malheureusement, la galère des devoirs du soir avec Naël recommence, malgré toute la bonne volonté qu’elle peut mettre à l’école, avec nous c’est toujours un moment de tension et de disputes… 😩

4 – Et après ?

Les enfants sont donc partis pour finir l’année scolaire dans cette école, en espérant qu’il n’y ai pas d’autre confinement généralisé qui les coupe dans leur socialisation retrouvée… On espère sincèrement qu’ils conserveront leur enthousiasme et leur envie de se lever pour retrouver les copains et la vie de l’école. De notre côté, on commence doucement à retrouver du temps à 2 ou même seul, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps ! On va pouvoir consacrer notre temps à préparer notre prochain départ, normalement au milieu de l’été, si rien ne nous tombe encore dessus d’ici là 😅!

Nous avons donc quelques mois pour : trouver un travail jusqu’en juillet en ce qui me concerne, suivre une formation pour Patrice, et nous occuper de tous les détails nécessaire à ce grand départ ! Comment ça, vous ne savez pas de quoi je parle ?? Je vous fais marcher, et je vous laisse chercher encore un peu 😜! Je peux déjà vous dire que, normalement, les enfants iront dans une école Montessori l’année prochaine, si tout se passe comme prévu. Et pour ceux qui ne suivent pas les posts de nos réseaux sociaux, je vous rappelle les quelques informations dévoilées jusque là :

  • nous partirons sans notre Coco (sans aucun véhicule d’ailleurs, pour être plus précise)
  • le départ est prévu au milieu de l’été
  • les enfants devraient rentrer dans une école Montessori autour de mi-septembre 2021, mais pas en France ! Nous commencerons tout naturellement le mode Worldschooling 😊.

Je m’arrête là pour les indices, d’autres viendront plus tard mais n’hésitez pas à lancer des idées (sauf ceux qui sont déjà dans la confidence bien sûr 😝). A très vite pour la suite !

2 réflexions au sujet de “Pourquoi on a arrêté l’IEF ?”

  1. Oooohhh, quel suspense ! C’est insoutenable. Vous partez où en expatriation ? hein, ouùùùùùù ? Parce que si les enfants sont inscrits dans une école pour la rentrée 2021, c’est que vous vous installez quelque part et que vous ne serez pas itinérants…
    Québec ?

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