famille, projet, société, alternatives, congo

Un pas après l’autre…

Voilà tout juste 1 mois que nous sommes arrivés sur Pointe-Noire, capitale économique du Congo Brazzaville. Il s’en est passé des choses depuis : des rebondissements, des rencontres, des soirées et des galères. Surtout des bons moments, mais avec quelques périodes de doutes ou de questionnements. En voilà un petit résumé :

1 – Bienvenue chez nous !

Comme expliqué dans l’article « Premiers jours de notre nouvelle vie« , nous avons eu la chance d’être logés dès notre arrivée dans une villa toute proche de mon travail. Nous avions tout ce qu’il nous fallait pour vivre, avec le confort (et la piscine !) en plus. Mais nous vivions dans nos valises et chez quelqu’un d’autre. L’envie de nous trouver un Chez Nous, de nous poser et de construire notre nid devenait pressante. Une simple demande à notre amie Laure et hop ! une visite de prévue le soir même ! Il fallait se projeter car la maison demandait des travaux, elle n’avait pas été habitée depuis 2 ans et la salle de bain était entièrement à refaire. Avec un peu d’imagination, on s’est facilement laissé emporter, autant pour le charme de cette petite maison que pour le cadre.

Notre nid sous le cocotier

Je dis petite maison, mais après Coco, elle est immense ! Nous avons 3 chambres, 1 salle de bain et une pièce de vie/cuisine, avec un petit jardin devant. Il ne nous en faut pas plus. Le bonus, c’est qu’elle est située à l’entrée d’un « camp », c’est-à-dire qu’il y a en face un petit bar, et après nous tout un parc avec d’autres habitations. Les enfants s’y sont tout de suite plu : ils sont partis jouer avec les enfants du propriétaire qui ont le même âge et on ne les a revu que pour partir 😂. Lors de la visite, il nous fallait attendre 15 jours pour aménager, le temps des travaux. Mais maintenant nous y sommes depuis quelques jours et on est bien contents 😄! Alors bien sûr, il y a des petites choses par-ci par-là qui dysfonctionnent, du mobilier ou des ustensiles qui nous manquent, mais globalement on est bien, et surtout on est chez nous !

2 – Côté boulot

Pour ceux qui ont lu mon dernier article « Rentrée scolaire à l’école Congo-libanaise« , vous aurez compris que la réalité était assez loin de mes espérances. Bon, j’avoue que j’ai écrit cet article sous le coup de la fatigue et la déception, voir de la colère. Avec un peu de recul (et de repos), je me suis rendue compte que ce directeur était plutôt quelqu’un de gentil, bien qu’exigeant, et entièrement dévoué à son école. Il est arrivé après que les recrutements aient été terminés, les travaux commencés, et l’annonce de l’ouverture de l’école lancée. Il a essayé de rattraper ce qui lui semblait imparfait, de reprendre le contrôle, mais des étapes essentielles avaient été sautées. A cela s’est rajouté notre ami le Covid (encore lui !), qui a chamboulé les équipes et obligé la fermeture de l’école pour 1 semaine (les élèves reviennent demain).

Moi dans tout cela, je me suis retrouvée finalement avec 18 élèves entre 5 et 9 ans, arrivés sur les 3 premières semaines. Certains ne me comprennent pas car ils ne parlent pas du tout français (et je ne parle pas du tout arabe), d’autres découvrent l’école et manquent de bases pour démarrer les apprentissages. Un petit nombre a un niveau d’entrée en CP et 2 ou 3 se démarquent par leurs connaissances. J’ai essayé de puiser dans mes ressources, d’aller chercher des outils, de fabriquer moi-même ce que je ne trouvais pas. Je crois avoir assez bien réussi, mais je me suis épuisée. Je me suis rendue compte que ce travail n’était peut-être pas fait pour moi. J’avais envie de retrouver le plaisir de voir mes enfants en rentrant le soir, et de partir le matin avec l’enthousiasme et la passion qui m’habite. Moi j’ai besoin de ça. J’ai donc cherché ailleurs, un emploi qui me donne envie de me lever chaque matin, et me permette de rentrer chez moi plus sereine. C’est en train de bouger, je vous en dirais plus très bientôt !

Pour Patrice, on ne sait pas trop… Il y a eu plusieurs pistes, des CV envoyés, des contacts de pris. Mais concrètement rien, on attend un retour, des nouvelles, quelque chose à quoi se raccrocher. On n’a pas le choix, il faut suivre le rythme d’ici, attendre encore un peu. Du coup, il profite pour visiter, faire les petites réparations dans la maison, gérer le quotidien et les enfants, ce qui me laisse aussi le temps de me reposer 😌.

3 – Quotidien et enfants

Que ceux qui s’inquiétaient pour les enfants se rassurent : ils vont très bien. Certaines choses leur paraissent encore bizarres, comme des mots ou des coutumes, mais ils sont déjà bien intégrés dans leur classe et le quartier. Naël a même pris l’accent congolais, qu’elle utilise avec un naturel déconcertant quand elle en a envie 😂! Léon continue de parler à tout le monde, ce qui est assez bien accueilli ici. Les congolais sont souriants, accueillants, et bien souvent tolérants avec nos enfants, ce qui n’est pas pour déplaire à nos pipelettes 😜.

Pour nous les adultes, la vie est agréable : pas besoin de sortir les pulls, vestes et écharpes. On vit en robe, short et claquettes (quand on n’est pas pieds nus), et ça installe tout de suite une ambiance détendue 😄. On a la chance d’être entourés de personnes super chouettes qui connaissent bien le pays et qui sont prêtes à nous faire découvrir les petites boutiques, les plages ou les coins sympas. Il y a toujours quelqu’un pour nous dépanner ou nous conseiller quand on en a besoin. Ils nous font partager leurs moments jeux, grâce auxquelles Léon s’est pris de passion pour les dominos (il gagne souvent le malin !). Même nous on était loin de se douter que les dominos pouvaient être aussi marrants 😄!

Même s’il nous reste encore du chemin à faire, je crois qu’on va assez bien s’habituer au pays. Négocier avec les taxis, chercher les légumes en passant devant les étals, ne plus se retourner à chaque coup de klaxon (c’est comme ça que les conducteurs, et surtout les taxis, communiquent), entendre les groupes électrogènes qui tournent à chaque coupure de courant, compter nos sous de 10 000 en 10 000, sentir le mélange d’essence, de poisson, de friture et de bananes plantins, chasser les moustiques… C’est notre vie maintenant, et elle nous plaît !

3 réflexions au sujet de “Un pas après l’autre…”

  1. Je commente moi-même mon article pour expliquer quelques mots que j’ai modifiés : des parents d’élèves ont compris dans ma première version que je jugeais leurs enfants et cela les a blessé. Ce n’était pas mon intention, je voulais seulement énoncer des faits mais mes mots ont peut-être été mal choisis. J’ai donc reformulé la partie qui pouvait être interprétée à tort. J’espère que ceux-ci apaiseront les cœurs. Avec toutes mes excuses.

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